RDC : Une flambée des prix préoccupante

Les habitants de Kinshasa ne s'en sortent plus. Se nourrir est en effet devenu un casse-tête permanent pour la plupart d'entre eux, car les prix ont flambé sur les étals. Une situation qui bouleverse aussi le panier de la ménagère.

A Kinshasa, les femmes qui vont faire leurs courses au marché, ont en ce moment le tournis lorsqu’elles se renseignent sur les prix des denrées alimentaires. Tenez, pour vous donner une idée, le prix d’une caissette de tomates venues de la province voisine du Kongo central (ex-Bas-Congo) oscillait entre 11 000 et 30 000 francs congolais (CDF) voici un an. La même caissette atteint actuellement des sommets : 115 000 CDF. Soit une hausse de plus de 383%. De mémoire de Kinois, une telle progression n’a plus été constatée depuis belle lurette. La dégringolade de la monnaie nationale par rapport au dollar américain n’explique certainement pas tout. Car elle n’est pas du même ordre de grandeur.

D’autant que, depuis la mi-décembre 2019, date à laquelle le Fonds monétaire international (FMI) a donné son feu vert pour la mise en oeuvre d’un programme de référence (sur six mois), les avances de la Banque centrale du Congo au Trésor – susceptibles de faire grimper les prix – ont cessé. Et que, de son côté, le ministre des Finances, José Sele Yalaghuli, tente de jouer le rôle dissuasif d’un berger allemand assis sur les caisses de l’Etat. Dans ces conditions, comment expliquer alors cette flambée inexorable des prix sur les marchés de la capitale ? D’où provient-elle ?

Se nourrir devient en effet un casse-tête permanent pour de nombreux ménages à Kinshasa. L’angoisse de l’assiette vide guette même l’embryon de la classe moyenne existant en RDC. La situation devient si préoccupante que les appels à la rescousse en direction des frères et soeurs de la diaspora se multiplient sur les réseaux sociaux whatsapp ou messenger. Que se passe-t-il donc ? Comme il fallait s’y attendre, la théorie du complot gagne peu à peu certains esprits. “Qui veut saboter le mandat de Félix Tshisekedi ?”, se lamente-t-on dans les rangs de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel.

De leur côté, les habitants de la capitale tentent de s’adapter, comme ils le peuvent, à la cherté du coût de la vie. Certains d’entre eux en viennent même à modifier leurs habitudes alimentaires. Autrefois négligées, les légumineuses issues des fèves de cornille (haricot à oeil noir), plus connues sous le nom local de “Mbuengi”, sont aujourd’hui très prisées dans les foyers. Et pour cause, elles sont devenues, sur les étals, beaucoup plus abordables que les haricots proprement dits en provenance de Goma, une ville située à l’Est du pays, à plus de 1 500 km de Kinshasa. Abondamment consommés dans la capitale, ceux-ci sont hélas devenus hors de prix, à en croire une commerçante (semi-grossiste) installée à Kinsuka Pompage, un quartier périphérique situé en face de Brazzaville. “Où allons-nous ?”, s’inquiète-t-elle en enlevant sa perruque. Il n’y a pas que les prix qui sont en surchauffe. A vrai dire, le cerveau et l’esprit des Kinoises le sont aussi !

La Rédaction