RDC : Confrontation entre Vital Kamerhe et les membres de la cellule de coordination.

C’est un rendez-vous attendu par les médias. En présence de l’avocat général, Sylvain Kaluila, le directeur de cabinet présidentiel Vital Kamerhe a été confronté, lundi 13 avril, à la prison centrale de Makala, aux membres de la coordination technique du Programme des cent jours, qui avaient fait, quelques jours plus tôt, leurs dépositions séparées au parquet de Kinshasa-Matete. Les principales vérifications ont porté sur le degré d’implication des uns et des autres dans la passation des marchés en rapport avec ledit programme. Toutes les parties, qui ont comparu, ont dit n’être pas impliquées dans la sélection des prestataires car cela ne relevait pas de la cellule de coordination technique. Seul le directeur de cabinet, Vital Kamerhe, a reconnu avoir eu des discussions à ce propos au sein du comité de supervision avec les ministres sectoriels et ceux de la chaîne de la dépense.

D’après nos informations, le parquet s’est attaché à savoir comment les sociétés Samibo et Husmal– appartenant à l’homme d’affaires libanais Jammal Samih – se sont retrouvées dans les entreprises du programme d’urgence des cent jours du nouveau chef de l’Etat. D’après un des avocats, joint par la rédaction du magazine Enjeux africains, Justin Kamerhe, membre de la commission ad hoc et frère cadet de Vital Kamerhe, ainsi que Aphy Badaga Mubagwa, conseiller à la présidence de la République, membre du collège « économie et finances », ont reconnu, pour leur part, avoir traité ce dossier Husmal, puis l’ont remis ensuite au directeur de cabinet. Ce dernier a alors écrit au ministère du Budget pour demander un avis de non-objection sur base de l’avis favorable remis par les deux membres de la cellule de coordination.

La ligne de défense du directeur de cabinet paraît bien claire. Lui estime en effet que seule la responsabilité du ministre du Budget est en cause, car lui n’est pas le signataire du contrat. Le parquet aura maintenant à évaluer quelle est la responsabilité morale du patron de l’administration présidentielle. D’après une autre source proche du dossier, ce dernier aurait usé de son influence pour obtenir les signatures du ministre du Budget et de celui de l’Habitat, sachant que jusqu’à ce jour le Libanais Jammal Samih n’est jamais parvenu à justifier plus de 8 millions sur les 57 millions de dollars reçus pour la livraison de près de 1 500 maisons préfabriquées. Des soupçons de surfacturation pèsent par conséquent sur ce dossier, avec une forte odeur de rétrocommission.

La Rédaction