Le magistrat Roger Songambele sur la touche

Roger Songambele, président du TGI de Kinshasa-Gombe

Le président du Tribunal de grande instance (TGI) de Kinshasa-Gombe, Roger Songambele Nyembo, a été suspendu, samedi 25 avril, par son chef hiérarchique, le premier président de la cour d’appel de Kinshasa-Gombe, Déo Lushule Bashongwa. Cette suspension est liée notamment au retrait ou abstention de deux juges relevant directement de Roger Songambele dans le dossier politiquement sensible de Fulgence Lobota Bamaros, le directeur général du Fonds d’entretien routier (Foner), placé depuis le 9 avril en détention provisoire à la prison centrale de Makala. Ce patron est en effet soupçonné d’avoir détourné des fonds publics. Mais quelques jours avant de statuer sur une demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats du Dg, les juges Samutondi Ikomba Samy et Muteba Fwimbo se déportent, invoquant notamment des interférences ou une atteinte à leur indépendance. Chose grave : la lettre d’abstention ou d’auto-récusation envoyée séparément par chacun d’eux se retrouve, comme par enchantement, dans la presse et sur les réseaux sociaux. Or la justice n’aime pas la publicité sur les affaires en cours. De plus, la décision par rapport à la demande de mise en liberté du Dg n’a pas été rendue à temps. Ce que la hiérarchie n’a pas dû apprécier. D’où la mise à l’écart du président Roger Songambele. Signalons par ailleurs que c’est devant le même tribunal qu’est censé comparaître, dès le 11 mai, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe, inculpé dans le cadre des enquêtes sur le détournement de deniers publics alloués au programme présidentiel des 100 jours. Ambiance !