Concert à Paris : Fally Ipupa jouera à guichets fermés

Il l’a promis, il l’a fait. Quarante-huit heures avant son méga-concert, prévu pour ce vendredi 28 février, à l’AccorHotels Arena de Paris (ex-Bercy), le chanteur congolais, Fally Ipupa, a accordé un entretien à Enjeux africains. En voici un condensé.

Peu de temps avant de démarrer ses longues répétitions quotidiennes, la vedette internationale de la chanson congolaise, Fally Ipupa, a livré quelques  informations sur les préparatifs de son show très attendu par ses nombreux fans venus de toute l’Europe, voire du continent africain, à commencer par la République démocratique du Congo (RDC). D’où ce cri de joie de Fally : “Sold out !” En effet, à quarante-huit heures de sa prestation, le beau gosse de la rumba congolaise affirme que tous les billets ont été vendus. Lorsqu’on sait que cette salle parisienne peut accueillir jusqu’à 20 300 spectateurs, on peut aisément estimer les recettes à près d’un million d’euros.

Ce n’était pas gagné d’avance tant les “combattants” (des membres de la diaspora congolaise qui s’opposent, parfois violemment, à ce qui représente le pouvoir en place en RDC) ont donné de la voix –  à coup de menaces physiques à peine voilées –  pour inciter les mélomanes à boycotter cet événement. Il faut dire que l’enjeu est de taille pour la star congolaise, mais surtout pour le reste de la communauté. Depuis une décennie, rares sont les artistes congolais qui ont réussi à se produire sur une grande scène parisienne. Aucun producteur ne veut prendre le risque d’engager des frais importants pour qu’à la fin, la Préfecture de Paris ne finisse par interdire le concert. C’est cette mésaventure qui est arrivée au producteur du chanteur Héritier Watanabe, le poulain de l’Ivoirien David Monsoh. En effet, devant le tumulte de la mobilisation tonitruante des “combattants” venus de Bruxelles, Londres et de la région parisienne et suite aux appels téléphoniques menaçants reçus par le gestionnaire de la salle mythique Olympia, le concert a dû être annulé in extremis alors que les fanatiques étaient déjà en route.

Cette fois-ci, les choses sont un peu différentes. D’autant que Fally Ipupa a tiré les leçons de l’échec de son collègue. Il a évité soigneusement de se lancer dans une partie de bras de fer avec  les “combattants”, ses compatriotes qui interdisent tout concert d’un grand artiste congolais à Paris, Londres ou Bruxelles tant que la paix n’est pas revenue à l’Est de la RDC. Pour désamorcer leur démonstration de force, Fally Ipupa a déjà annoncé qu’il reverserait une partie de ses gains issus de son spectacle de  l’AccorHotels Arena à la Fondation du prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege. Ce dernier vient en aide à de nombreuses femmes violées dans la partie Est de la RDC. L’intérêt de l’artiste pour le combat du Dr Mukwege ne date pas d’aujourd’hui. Nul ne le conteste.

Par ailleurs, pour rassurer ses “fanatiques”, notamment les ressortissants d’autres pays africains, le chanteur de charme a demandé aux organisateurs de renforcer le dispositif de sécurité autour et à l’intérieur de l’arène parisienne. A la Préfecture de police de Paris, en revanche, on ne dévoile pas les dispositions sécuritaires qui ont été prévues pour cet événement. Mais elles existent bel et bien. De quoi faire régner l’ordre autour de la salle.

De son côté, Fally promet de livrer un concert de haut niveau. “Je suis d’attaque et mon état d’esprit est positif “, confie-t-il. Il réserve également de nombreuses surprises à ses fans. “Les artistes que j’ai invités viendront de partout”, glisse-t-il, sans toutefois en dévoiler la liste. D’après les fans du performeur, le jeune chanteur Robinio Mundibu devrait en principe monter sur scène avec lui. Des moments d’anthologie en perspective. Après la capitale française, Fally Ipupa et son groupe donneront, fin mars, un autre spectacle à Londres, en Grande-Bretagne. Là encore, il faudra amadouer les combattants.

La Rédaction